Certaines plantes marines ont eu une utilisation pratique. Les zostères aux longues feuilles poussent sous l’eau dans la zone des marées sur des sols sablonneux ou boueux. Elles se rencontrent surtout dans les anses abritées et ressemblent à des prairies sous-marines, dont la plus grande partie reste en dehors des laisses de marées de vives eaux.
Les zostères, et notamment la Zostera marina, qui dépasse en taille la Zostera noltii sont recueillies, car, une fois sèches, ces herbiers étaient recherchés pour la literie, la sellerie, la bourrellerie, la tapisserie sous l’appellation de crin végétal. Il était apprécié notamment parce qu’il était moins cher que le crin animal résistait bien à l’usure, et moins sujet aux insectes. Une petite industrie a pu se développer sur le Bassin d’Arcachon et en Bretagne.
Avant que la mer ne se soit retirée, des femmes coupaient avec des faux ou des faucilles les feuilles des zostères qui flottaient sous une fine couche d’eau. Les feuilles coupées étaient ensuite chargées sur des gabarres ou des radeaux qui, poussés par les courants, les amenaient au rivage. Ce varech était alors débarqué sur la plage et étalé comme le fanage du foin. On le laissait se laver par les pluies et, une fois dessalé et bien séché, on le ramassait pour le vendre.
Cette production issue de plantes marines restait minoritaire. Le crin végétal provenait d’abord des palmiers nains d’Afrique du Nord. Il était utilisé dans toute l’Europe pour le rembourrage et l’ameublement. L’usage de crin végétal a diminué face à la concurrence des fibres synthétiques et d’autres matériaux de capitonnage dans les années 50.

